Mine de Bure

Après avoir obtenu, sur une superficie de 332 ha, l'exploitation des concessions Gustave Wiesner et Thomas Byerne, la société des Hauts-Fourneaux de la Chiers de LONGWY (HFC) a chargé en 1929 la société Foraky de "foncer" les puits jusqu'à une profondeur de 202 m afin d'atteindre les couches exploitables du gisement, d'une épaisseur de 2 à 4 m, leur teneur en fer variait entre 27 et 32%.

La mine a commencé ses premières expéditions en 1931. Le minerai était acheminé vers l'usine mère de Longwy par le réseau SNCF, quelques expéditions ont été réalisées également vers les usines de Monceau-sur-Sambre en Belgique.

Afin de donner plus de souplesse à l'extraction en raison de la configuration géographique du Pays-Haut interdisant à la mine de BURE une galerie débouchant au jour, deux puits furent forés :
- le puits 1 destiné à la sortie du minerai par des skips (benne) de 10 tonnes,
- le puits 2 réservé à la descente du personnel par des cages de 20 places.

Le puits 1avait reçu à l'origine un chevalement en acier, alors que le puits 2, moins sollicité en poids de levage, était surmonté de structures en bois.
Durant la "drôle de guerre" 1939-1940; Bure s'est trouvé imbriqué dans les zones défensives de la ligne Maginot. C'est ainsi que le génie militaire français avait fait sauter à l'explosif les chevalements, à la fois pour rendre la mine inutilisable et pour supprimer un point de repère d'artillerie.
La mine de BURE, à la pointe du progrès qui passait pour être l'une des plus moderne du bassin, a tenté les occupants allemands qui se sont mis en devoir de la remettre en service. Deux nouveaux chevalements furent mis en place entre 1941 et 1942, leur masse d'acier culminait à 52 m de hauteur. Elle était dotée de concasseurs primaires au fond.

En 1964, elle devint propriétaire de la concession Thomas-Byrne II. La mine de BURE fut l'une des premières à être mécanisée à 100%. Tout le minerai produit passait par trois points de chargement au fond, dont deux étaient dotés d'accumulateurs de grande capacité équipés d'extracteurs de marque MFI. Le minerai transitait par deux concasseurs primaires installés au fond. Avant son expédition il était concassé une deuxième fois au jour et criblé en quatre qualités différentes. En 1969 le tonnage extrait journellement oscillait entre 5200 et 5800 tonnes dont 15% environ de minerai silencieux. L'effectif total (apprentis compris) était de 330 personnes, dont 65 cadres et collaborateurs.
L'oeuvre sociale de la mine s'était traduite dès son origine avec évolution au cours des décennies par la création de cités minières (ouvriers, employés et ingénieurs), jardin d'enfants, école ménagère, salle des fêtes, stade, centre d'apprentissage.

Le 1er septembre 1973 la mine de BURE fermait ses portes. Ses concessions ont été amodiées à la société ARBED, qui avait repris une partie du personnel (40 ouvriers et 5 agents de maîtrise). Le reste du personnel a été muté en grande partie à la mine de DROITAUMONT et à l'usine mère de LONGWY. Les bâtiments de surface furent détruits, l'atelier électro-mécanique fut occupé un temps par la société RDM de Verdun, puis par une fabrique de bennes pour camions. Il fut le dernier à être détruit en 2009. Le 23 décembre 1980 le chevalement du puits 2 fut abattu, le 13 janvier 1981 ce fut le tour du puits 1, après une résistance acharnée. Le puits 2 fut bouché, tandis que le puits 1 fut repris par Fensch Moselle pour une future exploitation de l'eau. Ces puits ont servis pendant quelques années à l'aérage des mines voisines de TRESSANGE et d'AUDUN le TICHE (1973-2005).

Le 30 novembre 2005, la mine de BURE a vu débuter son ennoyage à l'instar du bassin nord dans lequel elle se trouvait. Le 30 novembre 2006 l'eau atteignait le haut des galeries. La municipalité profitait des terrains du carreau de la mine situés hors plan de prévention des risques miniers pour implanter un fort coquet lotissement de 50 pavillons qui, à terme devrait en comporter 90.

Ainsi comme le phoenix mythologique qui renait toujours de ses cendres, la mine de BURE a disparu pour laisser la place aux pavillons qui abritent pour une grande partie des descendants de mineurs...
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D.F - Février 2010