Centre mobilisateur 62

ludelange 1.jpg
ludelange 6.jpg
ludelange 4.jpg
ludelange 3.jpg

Créé pour le transit des soldats affectés à la ligne Maginot, le casernement de Ludelange a servi de camp de travail durant l’Occupation. Devenu centre mobilisateur à la Libération, il a été abandonné.
Il ne reste plus grand-chose de l’ancien camp militaire de Ludelange situé sur la route de Boulange : juste un portail et des morceaux de mur. Les bâtiments ont été rasés, le terrain dégagé. Subsiste tout de même, à proximité, un ensemble immobilier important qui servait à loger les officiers et les sous-officiers. Les bâtiments de brique ont été rénovés, la commune de Tressange, devenue propriétaire de la voirie a effectué de nombreux travaux de réhabilitation, et le quartier est agréable.
La construction du casernement a débuté en 1929, à partir de l’édification de la fameuse ligne Maginot. Son rôle était d’accueillir les troupes en poste dans les différents ouvrages fortifiés du secteur de la Crusnes, comme celui d’Errouville. On note que le premier bataillon du 149e RIF (Régiment d’infanterie de forteresse) a transité par ce camp au début de la guerre.
Dès l’Occupation, le casernement est investi par l’armée allemande où elle rassemble les prisonniers français avant de les diriger vers les camps, en Allemagne.

Prisonniers slaves
Quelques mois après le départ des derniers Français, d’autres prisonniers sont internés dans le camp. Il s’agit de Slaves, Russes et Polonais, en majorité des hommes mais aussi quelques femmes. Les habitants de Ludelange ont raconté que ces détenus étaient visiblement maltraités. Ils étaient employés dans les mines de fer des alentours, mal nourris, et vivaient dans un environnement sanitaire déplorable, autant de conditions qui provoquaient de nombreux décès.
La moindre résistance devait certainement être punie de mort : lors de fouilles effectuées derrière le stand de tir dans les années 1960, des ossements ont été découverts, que l’on a pu attribuer à une trentaine de victimes. Les restes de ces martyrs ont été ensevelis sous un monument érigé au cimetière communal.
A la Libération, le camp a repris du service, devenant un centre mobilisateur de la sixième région militaire, une fonction qui n’a pas duré bien longtemps.
Acheté par la commune dans le but de construire des habitations, le vaste terrain allait être classé Zone non constructible dans le cadre de la prévention des risques miniers. Un classement que le conseil municipal de Tressange déplorait, parlant de spoliation. Actuellement, il sert d’aire de stockage à une entreprise mais il est possible que dans quelques années, les risques miniers révisés, il devienne terrain à bâtir, un avenir souhaitable.

 
SOURCE : REPUBLICAIN LORRAIN DU 11 JANVIER 2014